La canonisation de Mère Teresa, le G20 et les campagnes présidentielles

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Grâce aux moyens de communication, nous avons pu assister, à la fin de la semaine directement, à un évènement planétaire, la canonisation à Rome de Mère Teresa de Calcutta, à une manifestation internationale, le G20 en Chine et à des manifestations présidentielles nationales de première importance, à savoir les élections ratées du Gabon, les campagnes présidentielles en cours aux Etats-Unis et en France et la non- élection prévue au Liban (demain 44 ème séance).

Certes l’évènement le plus important est la canonisation de Mère Teresa ,qui a su donner sa vie aux plus démunis ,« sans distinction de langue, de culture, de race ou de religion ».Son parcours est exemplaire car elle parvient à prêcher, pour une église pauvre pour les plus pauvres, en fondant les missionnaires de la charité (1946) ,en dépassant les différentes cultures (ottomane, albanaise, indienne, occidentale, orientale )et en essayant de protéger ,maternellement les plus démunis .

Elle construit des orphelinats, pour les enfants abandonnés et des mouroirs, pour les personnes seules en fin de vie. D’une certaine manière, elle accompagne ceux qui arrivent sur terre, dans des conditions précaires et ceux qui partent de cette vie, livrés à eux-mêmes,  en leur donnant  à tous, de l’amour et la sensation d’être aimés, au-delà de leur appartenance.

Elle obtint le prix Nobel de la paix (1979) et dans son discours, condamne l’avortement car elle considère, que c’est une forme de maternité qui se renie elle-même. Ce qui ne l’empêche pas de traverser durant 50 ans, ce qu’elle appelle « la nuit de la foi » (1946 -1997) et de se voir en « sainte des ténèbres ».Ses lettres publiées expriment ses incertitudes, ses doutes et même sa détresse intérieure. C’est ainsi que dans ses combats incessants, contre elle-même et contre la cruauté du monde, elle accomplira sa  double mission, de mystique de Dieu et de militante de la vie.

 La démarche de Mère Teresa de Calcutta atteint, avec sa canonisation le 4 septembre 2016, moins de deux décennies après sa mort, le stade de consécration spirituelle ultime puisqu’elle rejoint, le cortège des saints éternels (fête le 5 septembre).Mère Teresa touche l’expérience humaine dans son universalité car à travers l’esprit, elle transcende les cultures.

Au même moment se tient en Chine le G20 ,avec l’annonce des Etats- unis (6 %de la pollution mondiale) et de la Chine (24%) de leur ratification, de l’accord de Paris sur le climat (déc. 2015).La photo de famille, des différents décideurs mondiaux permet, de se redonner une contenance, d’afficher une solidarité  écologique et de masquer, les échecs de la gestion ,des différents conflits culturels  sanglants en cours(surtout en Syrie, Irak ,Yémen ,Turquie ). Le réchauffement climatique est bien sûr, un enjeu majeur pour toute la planète (moins de 2 degrés avant 2100).

La semaine se clôture évidemment, avec les élections présidentielles suspectes au Gabon (moins de 6 000 voix de différence et certains résultats dans certaines régions  de l’ordre de 95% voire 104 %), qui ont débouché, sur des affrontements violents, entre le clan Bongo (père et fils au pouvoir depuis 50 ans) et l’opposition menée par Jean Ping (l’ex gendre des Bongo). Et surtout les débats politiques passionnés ,en prévision des élections présidentielles ,tant aux Etats unis qu’en France  ,ainsi que la défaite de la chancelière Allemande sur ses propres terres, sans compter la question internationale des migrants en Europe, notamment dans la jungle de Calais et les persécutions, de la communauté Chinoise à Aubervilliers(Après la crise du Burquini les deux semaines passées).

Le débat identitaire accapare la plus grande partie du discours politique .Certes les préoccupations économiques demeurent  d’actualité (chômage, croissance, niveau de vie) mais peuvent plus ou moins, être rationnalisées alors que les débats identitaires, évoluent de manière totalement  subjective, en dehors de tout cadre car chaque société se prévaut, de ses spécificités culturelles et prétend les présenter, voire les imposer, comme des vérités universelles. Le pluralisme culturel est au cœur, de toutes nos sociétés contemporaines et nous ne disposons pas d’outils, pour l’encadrer.

 Au Liban, pays par excellence du pluralisme culturel religieux, le surréalisme est atteint, par un parlement qui s’auto boycotte, en remettant en question, la légitimité institutionnelle et constitutionnelle, qui le fonde. Le pays, après la guerre civile, la guerre des autres sur le sol libanais et notre participation active, à la guerre sur le sol des autres, s’est engagé, dans un processus d’usure, de démission et de décomposition (qui couvre tant la catastrophe écologique, que la paralysie intentionnelle des institutions).

Le pluralisme culturel doit être défini et régulé, à travers l’aménagement, des différents paramètres identitaires structurants qui le fondent (race, langue religion et mœurs) et le compromis pacifique, au cœur d’une société qui parvient au-delà de ses différences, à construire et à conserver, sa cohérence et son unité nationale .Et ceci est valable, dans son principe, pour toutes les sociétés humaines.

Ainsi en un week end, nous avons une manifestation spirituelle planétaire, qui transcende les cultures et réconcilie l’humanité avec elle-même .Nous avons également, une rencontre politique planétaire, sur fond d’écologie. Nous avons finalement, sur tous les continents et à l’intérieur de toutes les sociétés, la prolifération des conflits culturels et idéologiques, issus du pluralisme culturel planétaire, résultant de la mondialisation et de la révolution des moyens de communication.

Mère Teresa nous rappelle notre appartenance, dans son essence, à une même et unique humanité (naissance et mort) .Les dirigeants du G20 nous rappellent, que nous vivons sur la même planète (avenir). Et nos différents conflits culturels et identitaires, nous rappellent la diversité de nos paramètres et de nos parcours historiques (passé) et l’urgence de les  recadrer, pour pouvoir les résoudre pacifiquement (futur). D’un côté, nous appartenons à l’universalité abstraite des droits de l’homme et d’autre part, nous devons aménager et transmettre, nos expériences culturelles spécifiques (races, langues, religions, mœurs). Nous appartenons à des groupes culturels qui nous structurent (communautés ou nations) et nous devons relativiser nos absolus, pour ne pas sombrer à nouveau, dans le totalitarisme, la terreur et les ténèbres.

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